vendredi 31 août 2012

Sur un ton plus léger, donc

En des temps fort reculés, lorsqu'il faisait encore 37°C, Morphée allait régulièrement en soirées mousse avec quelques Blood and Honour au lieu de faire son taf et m'aider à dormir. Je passais alors mes nuits à me poser des questions à la con, de type qui est le crétin qui a pondu la Constitution belge ou le monde serait-il meilleur si les petits pois n'existaient pas? Sur ce dernier point, il est scientifiquement prouvé que oui.

Or, maintenant que les nuits tropicales s'en sont allées jusqu'au 10 juin 2013, Morphée aurait du revenir au turbin et me susurrer des mots doux dans le creux de l'oreille avec la voix de Vincent Cassel. Conditionnel, donc, car j'ai appris quelque chose ce soir qui va m'interdire de dormir pendant les 30 prochaines années : Un cafard peut survivre 4 jours une fois sa tête tranchée. Il y a donc potentiellement des zombies cafards qui se promènent dans les murs de nos maisons. Supercombo gerbotron 3000.

Du coup, les cafards ont-ils une âme, ou est-ce réservé aux poneys, aux dauphins et aux chatons ? 


Source http://3.bp.blogspot.com/_J_Tj7C6oEH0/S_FImhzRbSI/AAAAAAAAA-0/zp82Z_BDaEg/s1600/cute-cockroach-cartoon.jpg

jeudi 30 août 2012

Le piercing sur enfant deviendrait une forme de mutilation ?

Bien sûr, il n'est pas question ici de Roi Arthur (que je vous laisserais googler tous seuls, bandes de gros dégueulasses), mais bien des lobes d'oreilles. Comme de nombreuses petites filles de parents catholiques originaires du Sud, j'ai probablement eu des boucles d'oreilles avant même de me faire baptiser. Aucun souvenir des 10 secondes de douleur, et je n'ai pas pour autant développé de traumatisme m'empêchant de me tripoter l'oreille en regardant True Blood. J'ai trouvé par exemple nettement moins sympathique le moment où jeune adulte, je me suis fait poser un piercing de semi-surface au niveau du sternum, et encore moins lorsque j'ai fait un rejet. Certes, les petits bouts de chou aussi ont des terminaisons nerveuses, mais entre les dents, la croissance accélérée, les fesses qui baignent et qui grattent, ils commencent à avoir l'habitude de douiller. Soyons honnête, les tous-petits passent très vite d'une émotion à une autre. La preuve en images:



Trêve de mauvaise foi, les tous-petits aussi ont des terminaisons nerveuses. Le fait qu'ils fassent presque nécessairement confiance à leurs darons ne justifie pas toutes les décisions impactant leur corps que ceux-ci pourraient prendre. Selon cet article du Matin, l'Allemagne serait déchirée par un débat assimilant le piercing sur enfant à de la maltraitance, au même titre que la circoncision chez les petits garçons pour motifs autre que purement médicaux. 

Dans un premier temps, j'ai trouvé cet amalgame des plus douteux. Certes, sur le papier, les oreilles percées sont une modification corporelle basée sur une tradition culturelle qui peut tourner très mal en cas de complications, et la circoncision aussi. Or, dans le premier cas, il s'agit d'une modification purement esthétique qui n'influence pour ainsi dire pas la vie d'une fillette – à l'âge adulte, il y a aussi le choix de ne pas mettre de boucles d'oreilles, option que je choisis la plupart du temps ; Dans l'autre en revanche, les sensations sont durablement altérées, le gland n'étant pas aussi sensible que s'il passait le plus clair de son temps bien à l'abri dans sa capuche. Cela ne gêne pas les intéressés la plupart du temps, mais c'est tout de même un tout autre rapport à son corps. De toute façon, je suis profondément contre l'idée de modification de l'appareil génital sur des petits qui n'ont pas vraiment leur mot à dire – sur des adultes non plus d'ailleurs.

Je sais, on a dit pas touche à la religion ! Judaïsme, Islam et même certains courants chrétiens préconisent la circoncision, en rappel d'un pacte entre Dieu et Abraham mettant fin à la stérilité de Sarah. A la base explique cet article, c'était aussi et surtout un rite de passage à l'âge adulte se produisant au début de la puberté, et partant, à la nubilité masculine pour de nombreux peuples africains ou orientaux, et par la suite dès huit jours pour les enfançons israélites. Si lorsque le fait religieux s'en mêle, la circoncision renvoie avant tout à un signe d'appartenance, elle a également été plus prosaïquement une question d'hygiène ou de position sociale.

Et les oreilles dans tout cela ? Cette belle courbure délicate et sensuelle, percée et décorée d'or et de pierres précieuses ? Ce coquillage sensible aux circonvolutions charnues en valant un autre, la psychologie lacanienne, d'après Wikipédia,  renvoie sa perforation à une forme de castration – féminine, i.e. une excision. Symbole fallacieusement absolu de « l'éternel féminin » en Occident, la boucle d'oreille a eu de nombreuses significations dans le temps et l'espace. Si de nos jours, nous voyons surtout des femmes porter de tels bijoux, il n'en n'a pas toujours été ainsi (d'autant plus qu'ils furent interdits  pendant les trois derniers siècles du Moyen-Âge italien par exemple, selon Jean-Claude Bologne). En effet, les hommes n'étaient pas les derniers à faire preuve de coquetterie, à montrer leur bravoure ou leur statut social par diverses sortes de bijoux incluant la boucle d'oreille. Au Sud de l'Europe néanmoins, la boucle était parfois réservée aux parias – de ceux qui se portent du mauvais côté du monothéisme et/ou de la Morale. La perforation des lobes a été l'apanage des esclaves tout comme des puissants. Elle a été perçue comme offensant la création divine, puis comme marque de normalité - féminine encore. Suivant les familles, refuser de porter des boucles d'oreilles ou choisir cette modification corporelle en tout état de cause est avilissant.

Bref, que de significations différentes pour des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous.

Ainsi les deux phénomènes – perforation des oreilles et circoncision – peuvent se rejoindre sur le plan symbolique. Mais sur le plan pratique, la différence est tout de même énorme. Si dans l'absolu, aujourd'hui je suis bien contente de ne pas avoir eu à être consciente de la douleur – certes brève, mais tout de même – sur le papier, ce n'était pas à ma mère de décider pour moi. D'ailleurs, adolescente, j'étais furieuse qu'elle en ait décidé ainsi. Ce n'est qu'à l'âge adulte que je me suis rendue compte que porter des boucles de temps à autres était plutôt sympa. Je pense sincèrement que ce n'est pas aux parents de décider d'une modification corporelle sur leur marmaille, quelle qu'elle soit. Mais si en pratique, je suis en porte-à-faux sur ma théorie bien pensante quant aux lobes d'oreilles, qui suis-je pour m'exprimer sur des zézettes sans cols roulés?

samedi 25 août 2012

Ces femmes perdues dans l'armée

Le 23 août 2012, l'émission de la RTS Temps Présent diffusait un excellent documentaire : « Viol au régiment ». Malheureusement, il ne restera pas très longtemps sur leur site, pour des questions de droits. Comme le titre le laisse présager, le sujet est franchement délicat, et avoir un aperçu de la souffrance de ces membres de l'armée américaine, hommes comme femmes, ayant subi des sévices sans que leurs agresseurs soient le moins du monde inquiété était à la limite du supportable. Leur chaîne de commandement protégeait les bourreaux et pénalisaient les victimes – oui parce que ce sont elles qui se faisaient poursuivre pour comportement indécent, adultère, et j'en passe. Vomitif.

Avant de raconter leur calvaire juridique pour faire valoir leurs droits (en vain d'ailleurs), les héroïnes de ce documentaire ont relevé quelques éléments qui m'ont fait tilter.

Une Marines disait qu'on lui avait conseillé de ne pas se maquiller, car cela indiquait aux autres qu'elle était en mode chasse. Naturellement à l'époque, elle trouvait l'idée ridicule. Ben oui, ce serait un raccourci aussi stupide que penser « c'est sa faute, elle n'avait qu'à ne pas mettre de jupe » si on transpose l'argument à la vie civile. Affligeant, non ?

Une autre disait que son commandant de régiment considérait que les femmes n'étaient là que pour que les mecs les baisent. Sans commentaire.

Puis tout à coup, je me suis mise à penser au film Stealth, où les protagonistes sont une femme blanche, un homme noir et un homme blanc. Les deux mecs flirtent continuellement avec chaque femme rencontrée, alors même qu'ils draguent ouvertement leur partenaire féminine – en même temps c'est Jessica Biel. Mais elle, après une mission difficilepréfère passer ses soirées sagement seule dans sa chambre, pure et chaste, plutôt que de boire des godets avec ses collègues, ou pire, draguer de son côté et passer du bon temps – je rappelle que c'est Jessica Biel, merde ! (Naturellement le Noir mourant en premier, elle termine avec le jeune premier caucasien). Ce film, malgré son niveau de bousitude abyssal avait au moins le mérite (complètement inconscient, bien entendu) de dépeindre le double standard entre l'homme admirable et la femme (c'est une femme, un objet qui n'a pas vraiment d'âme, elle ne peut donc pas être admirable).

Ensuite, j'ai repensé à cette soldate genevoise  – qui n'est certainement pas seule – violée elle aussi et dont le bourreau a tout juste été rétrogradé . Dans ces deux pays fédéraux qui ont tant en commun, justices civile et militaire sont strictement séparées. « A l'armée, le problème est qu'une autorité sans aucune formation juridique peut prendre des décisions sans appel » rappelle une juriste américaine du documentaire. Décidément, « la justice militaire est à la justice ce que la musique militaire est à la musique » (Clémenceau). 

Et l'armée américaine de mettre en place un système de prévention s'adressant uniquement aux femmes, à base de « tu te baladais seule dans ton campement et tu pensais qu'il allait rien t'arriver, BFPTG, connasse! ». Les mecs sont tous des violeurs potentiels, et de toutes façons ils savent que tringler une traînée (toutes des salopes, n'oublions pas) n'implique aucune conséquence fâcheuse pour eux. Déjà c'est flatteur pour les hommes, merci. Je suis presque sûre qu'il reste un ou deux mecs par armée nationale qui ne soient pas des prédateurs sexuels. En Suisse, c'est encore mieux, puisque l'armée n'est pas vraiment sensée être mixte. Une autre victime d'agression du documentaire résumait, dépitée, que les maigres efforts de prévention des viols au sein de l'armée américaine se résumaient à mettre « en place un système pour que les femmes acceptent mieux d'être violées. En fait, c'est exactement ça ».

De l'autre côté du cliché, il y a GI Jane (1997), un autre film, où pour être acceptée parmi les SEALS, la femme (après avoir été agressée sexuellement par son supérieur devant toute la troupe, hein) doit renoncer à ses attributs féminins (symbolisée par sa chevelure), être plus conforme à l'archétype de la virilité que les hommes eux-mêmes et surtout sans dénoncer ledit supérieur. La chose à faire étant de lui défoncer le portrait. Même qu'ils deviennent BFF à la fin.

L'armée est généralement connotée comme étant peuplée par des mâles alpha qui ont donc une certaine idée de la femme et des rapports sociaux. Bien sûr, il ne faut pas oublier que malgré l'homophobie ambiante dans les forces armées, le viol homosexuel peut aussi s'y produire. Ainsi, le type de virilité mise en avant dans les campagnes de recrutement repose sur des valeurs de camaraderie, de puissance (y compris sexuelle), de pouvoir, et de chucknorrisme. Des héros façon années 1950. Avec des poils. Or, le glissement est vite fait vers un esprit de meute, de violence et de toute-puissance. Mon petit doigt me dit que c'est plutôt là-dessus qu'il faut travailler.

En effet, cette image du masculin et du féminin véhiculée au sein de la grande muette n'est qu'un miroir grossissant des dysfonctionnement dans la représentation genrée de la société civile.

Décembre 2011, poursuit le documentaire, la Cour civile rejette la plainte collective des femmes interviewées, car le viol est « un risque du métier de soldat »... Yup. Y compris par ton propre camps.

Promis, le prochain sujet sera plus léger.

vendredi 24 août 2012

Mais alors, à quoi t'auront servi tes longues études ?


A tenir ce blog, pardi !



Lorsque je terminai sciences politiques en l'an de grâce 2009, ma mère, d'origine haïtienne, donc extrêmement fière en tant qu'immigrée de première génération que la chair de sa chair atterrisse sur les bancs de l’Université, me voyait déjà vice-présidente du conseil d'administration de l'UBS, voire même à un poste prestigieux. A vrai dire, j'y avais moi-même cru une demi-seconde, en m'inscrivant dans ma faculté après avoir longuement hésité entre plusieurs autres branches inutiles, comme Lettres ou sciences sociales. Science po après tout, me disais-je naïvement, ouvre plus de portes, que diantre !




Or, les sciences politiques sont somme toute des sciences morales, reposant sur l'histoire, la philosophie, la sociologie, l'anthropologie, un poil d'économie et de droit pour faire bonne mesure, bref tout un ensemble de disciplines qui en définitive, ne rapportent pas grand'chose. Du moins, leur utilité n'est pas immédiatement identifiable face à un recruteur qui, en Suisse, aura bien 80% de chances de ne jamais avoir fait d'études autres qu'un apprentissage, mais ne s'en tire pas plus mal pour autant avec sa villa, sa BM (Audi fait tellement vulgaire) et ses vacances annuelles aux Maldives. Médecine, économie, droit, biologie, et autres branches techniques et/ou mathématiques comme la physique ou les statistiques, je veux bien, mais des gens qui réfléchissent à l'état du monde ? Mais doublevétéheffe, quoi ! C'est bon pour les rêveurs et les militants sur Facebook !


Plus grave, au sein même du monde académique, les horizons se bouchent. En Europe, comme aux Etats-Unis ou au Japon, les postes de chercheurs se précarisent. Finie la voie toute tracée permettant après un doctorat et un post-doc de devenir professeur, soit une espèce en voie de disparition. 

medias.lepost.fr

Place aux maîtres d'enseignements et de recherche sous CDD et dont la titularisation est repoussée aux calendes grecques. De plus, cette instabilité ne s'arrête pas aux branches considérées comme relevant de la masturbation intellectuelle (les sciences humaines, donc): dans une moindre mesure les sciences dures et mathématisantes – bref, celles qui nourrissent les industries de l'armement, de la pharmacologie et surtout de la finance, donc celles qui rapportent – sont également touchées. Heureusement pour ceux qui en sortent, l'insertion dans le monde professionnel est plus aisé, leurs disciplines étant souvent sponsorisées par des entreprises privées.


Parallèlement, l'accès aux études même devient de plus en plus coton : Les taxes doublent un peu partout dans le monde – c'est d'ailleurs un des rares points où la Suisse n'est pas un îlot de cherté – pour prendre des proportions astronomiques et ne laissant le choix des bonnes études qu'à une minorité d'héritiers très privilégiés – et pour faire bonne mesure, à une poignée de génies un poil fauchés. Ceci alors que dans le sud de l'Europe, les pays les plus touchés par la crise voient certains de leurs enfants quitter prématurément l'école pour aider leur famille. Je me souviens d'un professeur canadien m'expliquant comment les annuités de l'université la plus quelconque de Boston ne diffère que d'à peine 4000$ de celles des prestigieuses Harvard ou du MIT. 

www.article11.info


Or, étant en décalage complet avec le monde réel, de nombreux parents continuent à pousser leur progéniture vers de longues et coûteuses études. En France, pays des Bac+, la chose semble compréhensible, le marché du travail risquant d'être peu amène autrement. Aux États-Unis, les postes stables requièrent souvent au minimum un BA, alors que le secteur des services requérant un personnel sous-qualifié et payé au lance-flammes explose. Sur nos monts quand les enseignants annoncent aux écoliers un brillant avenir, ils ne s'adressent en général qu'aux voies préparant au baccalauréat (VSB). Les 70% restant seront de mornes employés de commerce pour les VSG (niveau médian) et éventuellement agents de voirie, s'ils s'accrochent, pour les VSO.

Pourtant, dans le monde réel, le mec de VSG qui s'est contenté d'un apprentissage a de fortes chances d'être le supérieur du titulaire d'un Master qui atterrira sur le marché du travail 8 ans plus tard, et sans expérience. Les métiers manuels de plus en plus délaissés finissent par payer mieux et avoir plus de débouchés que ceux nécessitant une formation académique. Il y aura toujours plus besoin d'emplois productifs, d'électriciens, de bouchers ou de maçons que d'analystes, de managers et autres membres de « l'élite de la nation » (appellation officielle des élèves de VSB de la 7e au Master par leurs pédagogues). 

Il y a certes besoin de tout pour faire un monde. De collaborateurs scientifiques autant que de plâtriers-peintres, mais peut-être pas dans les mêmes proportions. Il est plus que temps de revaloriser auprès des jeunes et surtout de leurs parents les voies non-académiques. 


Bref, ce matin mon petit orteil s'est mangé un meuble et maintenant, je boude.

jeudi 23 août 2012

Mon corps m'appartient?

De tous temps, le corps des femmes (mais aussi des hommes, on va y revenir) a été modelé, façonné par ce que les canons de beauté imposaient selon le temps et l'espace. Ainsi, Margaret Yalomi nous apprend qu'au 14e siècle, un bon sein était en gros un téton encadré par une légère boursouflure – dont le potentiel érotique était naturellement balayé par sa fonction première de garde-manger. Ce mouvement d'accordéon quant à la taille des roberts s'est poursuivi avec un à deux retours de balancier par siècle. Par la suite, tout comme pour la mode vestimentaire, le rythme a commencé à s'accélérer. Les Anglaises de la première moitié du 19e se devaient d'avoir de la bonne grosse loche alors que la mamelle se voulait petite pour les Françaises sous Napoléon et les Japonaises de l'ère Meiji. Dès l'ère victorienne les courbures des Britanniques de la bonne société devaient garder des proportions raisonnables : Les pis abondants étaient d'un vulgaire ! Que de chemin parcouru, hein? Dès le milieu du siècle écoulé, tout le monde se mit d'accord : place aux pastèques ! Et attention, hein, les hautes, les fermes, les rondes ! Pas les ovales, ni même, après 1990, les pointues. Les grenades, pamplemousses, pommes, abricots et autres fruits plus petits qu'un melon sont malvenus dans le fantasme masculin tel que décidé par les normes en matière de pornographie.

Puisque le corps des femmes est nettement plus exhibé que celui des hommes (qui sont aussi des objets sexuels, et pas seulement pour d'autres hommes, mais je développe davantage cette question ici), et puisqu'il s'agit presque toujours d'un certain type de corps plantureux et sans cellulite (des cyborgs, quoi), la femme, que l'on définit encore davantage par son corps plutôt que par son esprit (en allant en boîte, j'ai plus souvent entendu « 'y a de la chatte » que « 'y a de la teub », mais bon) a toute latitude pour psychoter sur son physique et son écart gaussien à la norme meganfoxienne.

Bien entendu, la normalisation du corps féminin ne s'arrête pas ici. Au milieu du 20e siècle, l'imagerie pornographique commença à se démocratiser. Or, qui dit grand tirage, dit standards. Après les pare-chocs, les teu-chas, jusqu'ici plutôt bien cachées à l'exception notable des origines du monde, un tableau du début du 20e s. qui fit sensation (sans mauvais jeu de mot), commencèrent timidement (porno soft) puis franchement à s'exhiber. Certes au départ, les pitchounettes se cachaient chastement derrière un rideau de poils – l'épilation se pratiquait néanmoins déjà au Moyen-Âge chez les courtisanes en Occident, et par toutes dans les cultures musulmanes ; C'est une forme de torture esthétisante qui s'est perdue pendant les quelques siècles de dichotomie entre mamans et putains, ou les premières se devaient, en Europe, de laisser leur minou tel que Mère Nature l'avait dessiné. Or, au fil des vidéos professionnelles, il s'est avéré que ces mêmes poils bloquaient le paysage, s'humectaient – et d'aucuns ajouteraient aussi qu'il s'agissait de se préserver de nos amis les morbaks, mais ceci reste à vérifier.

Une fois la toison partie, reste encore une zone à pacifier (au sens diplomatique du terme, à savoir napalmiser) : La vulve. Voui, M'sieur-dame, des femmes complexent sur leur vulve, comme cet article sur Madmoiselle le démontre. Je ne parle même pas de l'intérieur qui se doit d'être mui caliente, étroit et selon les cultures, humide (occidentale) ou sec (orientale), mais bien de la forme en elle-même.

Et cela fut un sérieux choc : Les mutilations génitales féminines ne sont pas l'apanage de cultures arriérées qui jettent la sexualité féminine aux orties sous couvert d'une religion qui n'a jamais demandé une chose pareille. En Australie, en Arabie saoudite, en Suisse, des femmes se font refaire l'intérieur pour plaire davantage, et d'autres se font retrancher ce qui dépasse à l'extérieur pour des raisons esthétiques.

Ô.o

Ben oui hein, c'est que Jeanine, dans les pornos soft, a une vulve toute mignonette, imberbe, sans clito ni petites lèvres apparents. Nette et sans bavure. Jeanine ressemble à une gamine de 8 ans, tout en restant sévèrement boobsée et avec 1m74 au garrot. Faudrait surtout pas que Jeanine ait une sexualité menaçante. Non parce que si Jeanine-la-pute prenait son pied, franchement, que resterait-il du fantasme ? Cachez cette vulve que je ne saurai voir !

(surtout si elle ressemble à ça)






iYallom, Margeret. 2010. Le sein, une histoire. Paris : Galaade.

Bienvenue, Welcome, Willkommen, ようこそ, Ouèche gros!

Ah oui, l'exercice mégalomane de présentation, pour paraphraser Arnaud Tsamère. Et bien voilà, puisque tout le monde clame haut et fort son avis sur ce triste monde tragique, j'ai décidé de m'y mettre - en même temps, étant une totale brèle en informatique, c'est aussi un défi que je me lance.

Le nom du blog vient tout simplement du fait que les Noirs se "comportant comme des Blancs" sont communément appelés ainsi. Un article à ce sujet suivra, je vais pas approfondir là toussuite. Monogatari (物語 en japonais dans le texte) signifie en gros "récit", "dit", comme dans le" Dit du Genji", premier roman écrit en japonais, et non en mandarin, ce système d'écriture étant à l'époque interdit aux femmes.

Donc voilà, j'espère que l'atmosphère une peu cosy de ces lieux vous plaira, et au plaisir de futures discussions sur la base d'insultes en néerlandais.