jeudi 27 septembre 2012

Elle est pas noire, elle est métisse !

Immanquablement lié à la question bountienne, le degré de mélanine dans l'épiderme. Cette problématique est moins présente aux Etats-Unis, où 1/64e de « sang noir » dans les veines d'un individu suffit à transformer ses 63/64e restants d'ascendance hispanique, caucasienne, asiatique, et j'en passe, en 64/64e – pour être tout à fait honnête, c'est plutôt l'ascendance caucasienne qui disparaît une fois contaminée par une des autres origines précitées. Jusqu'à l'adolescence, je pensais la façon de désigner la négritude beaucoup plus « objective » et moins raciste par chez nous. En même temps, je croyais aussi que Charlie Chaplin était le frère de Charlot Kolmes.

Dans les Antilles et en Europe, on parle plus volontiers en degrés. Genre Barack Obama n'est pas noir, il est métis. N'empêche que quand des poupées à son effigie sont sorties, elles étaient aussi sombres qu'auraient pu l'être des jouets à l'effigie d'Omar Sy. Quand on pense Obama, on se dit « intégration », car il a quand même bien réussi, ce petit Négrillon, hein Doudou ? N'empêche que le président américain est aussi à moitié blanc. En l’occurrence, parler de métissage en faisant référence à Obama est plus qu'exact, puisqu'il est effectivement né à Hawaï, avant de vivre en Indonésie puis de travailler en tant qu'avocat à Chicago. Métissage culturel en plus de celui de la peau. Néanmoins, si l'on on veut être précis, pour de nombreux Noirs, l'homme est mulâtre.

En Europe, et surtout aux Antilles, en effet, on distingue volontiers entre Mulâtres, Quarterons, Octavons, Griffes ou Câpres – on notera ici que seuls les degrés de métissage dont l'africanité correspond à plus de 50% ne sont pas désignés par des fractions de négritude. Ces fieffés Chamites doivent être trop paresseux pour apprendre les maths. En fait, cette façon de catégoriser n'est pas beaucoup mieux, quand bien même elle n'est pas aussi franchement manichéenne que le point de vue US. Étymologiquement, le mot « mûlatre » dérive de mulet, soit le rejeton stérile de deux races – donc forcément incompatibles ; Le mulet est donc une aberration de la nature, au même titre que le métis caucasien-africain ou Sookie Stackhouse. Raciste en anglais, le terme est sensé être neutre en français, quoique de moins en moins usité sur le continent européen – naturellement il a de quoi en faire tiquer plus d'un. En revanche, en espagnol sud-américain, il ne pose aucun problème, étant encore plus parfaitement entré dans les mœurs, que le mot «chaussure».

Combien de fois n'ai-je pas entendu quand j'étais petite le fameux elle-est-pas-noire-elle-est-métisse. Et pourtant, je ne suis que le produit d'un mulâtre et d'une câpresse. Etant d'origine antillaise, j'ai entendu ces termes assez souvent pendant la première moitié de mon existence lorsque je visitais ma mère, sans que cela ne me fasse autrement tiquer. J'étais vaguement gênée quand elle expliquait à une de mes connaissances angolaises au teint nettement plus sombre  que j'étais plus jolie et valais mieux parce que j'étais plus claire – ou comment inciter les autres enfants à disperser façon puzzle la chair de votre chair en 10 leçons. Je tiens à relever que je valais mieux essentiellement parce qu'elle était une quiche à la fois au Scrabble et à Tekken. Quand j'ai commencé à me rendre compte qu'il y avait une vie au-delà de Samurai Jack, j'ai enfin compris que ces « classifications objectives » avaient une histoire, liée à l'esclavage, et qu'elles n'étaient pas si neutres que cela – Quand l'africanité descendait en-dessous de 50%, la situation et le statut étaient sensés être plus enviables : les Métis vivaient dans la maison du maître, mais étaient méprisés à la fois des Blancs et des Noirs (mettons sous cette appellation ceux qui ont plus de 50% de sang africain) ; les Noirs se faisaient exploiter pour des travaux plus physiques – et parfois même par les Métis.

Même à la fin du 20e siècle, le statut des Métis n'était pas toujours confortable. Il y a toujours cette part à la fois de mépris et d'envie – d'envie, car faut-il le rappeler, Beyoncé a toujours été la beauté de Destiny's Child, pas Kelly Rowland ; de mépris parce que faut pas déconner, c'est pas des « vrais » Noirs, ces sales traîtres qui savent pas choisir leurs parents. De plus, les Métisses doivent subir le fameux « je-peux-toucher-tes-cheveux ? » que nous détestons toutes à la fois des Caucasiens et des Noirs.

Enfin et surtout, subdivisions ou non, le Métis est considéré dans les pays riches comme un Noir à part entière, même dans la Francophonie européenne où les termes désignant les différents échelons existent. Sisi. Pendant ce temps dans les Îles, un mulâtre est facilement vu comme caucasien, l'étant tout de même à moitié.

L'année ou Halle Berry et Jamie Foxx ont tous deux reçu l'Oscar des meilleurs acteurs femme et homme, ils étaient tous les deux noirs. Et qu'importe si l'une est nettement plus claire que l'autre. Mariah Carey doit également être considérée comme noire, car apparemment l'arrière grand-oncle de son petit-cousin par alliance était quarteron du côté de sa mère. Lorsqu'un magazine de beauté (européen ou américain) s'adresse aux Noirs, à moins d'être réellement destiné à un public antillo-africain, il s'adresse en général exclusivement aux peaux et cheveux métis – 3a ou b et dépassant rarement le 3c quand les 50%+ tapent plutôt allègrement en 4a, b ou c, soit des besoins très différents – et très rarement aux Noirs dont le phénotype consiste entre autres en une peau plus sombre et à des cheveux crépus.

Pour continuer, les Antillais sont nécessairement métissés – ne serait-ce qu'entre les différentes ethnies africaines trimbalées de force dans les îles. Néanmoins, il peut arriver assez facilement sur la Toile de tomber sur des commentaires plutôt dénigrants d'Africains du continent à l'égard des Caribéens – non parce qu'encore une fois, ce ne sont pas des vrais Noirs, i.e. ce ne sont pas des Africains. Par souci d'équité, rétablissons que des Antillais leur rendent volontiers la pareille. Comme quoi la connerie ne se dilue pas au fil des brassages de population.

mardi 25 septembre 2012

Le hype à travers les âges : l'ère du kaki

Je continue sur ma lancée de lectures en histoire des mœurs. J'ai récemment terminé Histoire de la coquetterie masculine de Jean Claude Bologne – sans tiret, coquetterie oblige, dit le bonhomme himself. Comme souvent, figurent en milieu d'ouvrage des illustrations sur papier glacé servant à souligner son propos. Et c'est à ce moment que je me suis rendue compte avec un mélange de fascination et d'horreur que certains éléments que toute personne à la pointe de la mode se doit de posséder de nos jours l'avait déjà été en des temps plus anciens. Sauf qu'à l'époque, déjà, au-delà du simple effet de mode, se cachait une signification plus profonde. Je mentionnais brièvement ce point en parlant de boucles d'oreilles, mais il en va de même pour les coupes de cheveux, les chaussures et différents types de vêtements.

Par exemple, la mode des treillis militaires si fashion dans les années 1990 et 2000 n'avait rien d'audacieux. En effet d'après Bologne, dès le 12e siècle, les hommes avaient pour habitude de singer le costume militaire à la ville comme à la cour. Ainsi le pourpoint, les braguettes et les chausses moulantes étaient déjà des répliques des vêtements que les hommes en armure portaient pour protéger leur peau des frottements du métal, du froid et des envies pressantes intempestives. Donc entre ceci


Jean de Wavrin, enluminure pour le Roman du comte d'Artois, Paris, BnF, ms français 1610, fol. 47 (1450-1460), tirée de Jean-Claude Bologne, Histoire de la coquetterie masculine, Coll. Pour l'Histoire, éd. Perrin, Paris, 2011.

ceci


cela




Ceci 





et cela




la démarche est la même. A savoir, la volonté pour l'individu lambda de se rapprocher au maximum de l'homme, le vrai: le Kratos du jeu vidéo God of War sous un masque de civilisation. Car il s'agit par pur snobisme de ressembler à un héros des champs de bataille tout en restant proprement civilisé. En gros le beurre et l'argent du beurre – enfin plutôt le paraître de l'aventurier avec la sécurité de la vie bourgeoise. L'homme asseyant sa virilité, exhibant des symboles de puissance et de pouvoir – ici plus économiques que physiques, au vu du prix de la nippe.


Il y a d'ailleurs eu un mouvement de féminisation de ce genre de vesture. De plus, l'appropriation – voire parfois la réappropriation – par les femmes de bastions vestimentaires masculins n'est pas complètement neuve, comme la conquête du pantalon puis du jean au 20e siècle ou les cheveux courts le montrent.


Fin 18e siècle, la Duchesse Georgiana incarnée au cinéma par Kiera Knightley, et dont la cravate, le chapeau et le tailleur sont aussi proche de ce qu'un homme porterait sans rougir que faire se peut. Ce costume est d'ailleurs inspiré d'un tableau de la duchesse qui portait la même tenue, mais en rouge. 



Marlene Dietrich, dandy au féminin, et scandaleuse en pantalon




Avril Lavigne à ses débuts, qui entre la cravate et le treillis s'approprie un registre vestimentaire et une gestuelle "masculins".




Et pour finir Rihanna pour une version de la tenue de camouflage plus proche des codes féminins des années 2010



Or, qu'il soit porté par une femme ou par un homme, un habit évoquant la soldatesque renvoie nécessairement à une vision guerrière et viriliste de la société. A une certaine idée du masculin ou du féminin. Certes les 40 dernières années ont vu les frontières se brouiller peu à peu, au point que les femmes en jupe attirent désormais davantage l'attention que celles en pantalon – ce alors qu'un décret bicentenaire français encore en vigueur aujourd'hui interdit sur le papier le vêtement bifide aux femmes.

J'ai beau aimer profondément la quête du vêtement parfait, depuis que ma conscience politique s'est réveillée (depuis mes 15 ans quoi), jamais ce style ne m'a parlé. Bien au contraire, j'ai toujours trouvé inquiétant que ce symbole über-patriarcal et somme toute violent soit ainsi porté aux nues. Alors oui, on en joue. Oui on peut prendre des codes et les renverser. Néanmoins cette itération de la mode civile dictée par les vêtements militaires indique à mon sens qu'une part de cette imagerie guerrière est quand même perçue au premier degré. Et depuis longtemps. Comme inscrite dans notre ADN collectif. 

Néanmoins, Jean-Claude Bologne mettait en avant que ce phénomène de militarisation du vêtement masculin civil était cyclique, souvent remplacé par une mode masculine plus proches de codes prêtés au féminin. Or, depuis une dizaine d'années, les deux phénomènes d'hypersexualisation et d'androginie de la tenue masculine coexistent. De la même manière que la micro-jupe (signe paraît-il de croissance économique) et la robe maxi (signe de crise) se partageaient largement la vedette cet été, le swagger-brindille et le bûcheron canadien dopé aux hormones cohabitent allègrement. Et de plus en plus dans la même personne.


Est-ce la marque d'une réconciliation des hommes sur une nouvelle image du mâle, une sorte de virilité douce (quasi-oxymore, vir signifiant dur, ferme, énergique) s’accommodant des avancées de la deuxième vague du féminisme (dès 68) ? Une sorte de nouveau dialogue entre les genres, maintenant que les hommes ont reconquis le droit à la coquetterie ? Ou un cheval de Troies, précurseur d'un violent retour de bâton quant au statut social des femmes (retour à des valeurs hyper-viriles) dans la société comme l'explosion de mouvements anti-avortement et de discours violemment misogynes le laissent présager ?

J'aimerais tant être optimiste.

Certes, il y a de fortes chances que le jeune swagger qui s'offre du Galliano n'aille pas forcément pousser la réflexion aussi loin. Le con.

vendredi 21 septembre 2012

Ces moments de la sous-culture qui ont fait avancer des causes – part 1

Au temps jadis, il y a 20, 30, 100 ans, il était facile de scandaliser la société avec des images qui ne provoqueraient même plus de haussement d'épaules de nos jours. De la première scène de nu (1933 si on exclut le contenu pour adulte, sans quoi ce serait dès les années 1910) au premier baiser sur grand écran (1896), ces petites anicroches dans la trame policée des balbutiements de la société de l'image ont permis, scandale après scandale, de commencer à se détacher de la prude société victorienne – dont les valeurs ont survécu à la reine éponyme jusqu'au troisième tiers du siècle écoulé. Mais le cinéma est un art, et l'art a le droit de choquer : provoquer émotions et réflexions est même ce qu'on en attend.

Des formes d'art reconnues découle la culture. Or, au sein de la Culture avec un grand cul, il y a différentes couches de sous-cultures. Elles touchent à tout, allant des séries télévisées et jeux vidéo (face au 7e art) à la science-fiction et la bande dessinée (face à la Littérature) et bien sûr la musique (Rachmaninoff et Lady Gaga ne jouant pas tout à fait dans la même catégorie). Elles sont, notamment en France et en Suisse romande (moins pointilleuse sur la langue que la première, mais tout aussi formaliste pour ce qui a trait au club très select du grand art reconnu) plutôt mal vues, rabaissées à la fange de la culture populaire. Pourtant, depuis une petite dizaine d'années, elles gagnent petit à petit leurs lettres de noblesse.

Or, si dans la grande histoire la montée en puissance de l'individualisme a peu à peu permis un changement de valeurs de la société d'en-bas vers la haute, la petite histoire a souvent précédé et provoqué la grande, permettant ainsi la généralisation de modes en matière vestimentaires autant que de schèmes de pensée. Ainsi par exemple, Jean Claude Bologne rappelle qu'un des éléments vexatoires pour le Tiers-Etat ayant participé à mettre le feu aux poudres lors des Etats généraux précédant la Révolution était la forte codification selon le statut social des tenues autorisées. La roture n'avait pas à mettre des bas de soie. Les Sans-Culottes ont signé la vengeance des porteurs de pantalons en raccourcissant quelques nobles dûment culottés, eux. Comme quoi, porter la culotte, c'est aussi perdre la tête. Et ce que Christine Bard nommait la grande renonciation masculine à la coquetterie a engendré un siècle et demi de tenue de pingouin exigée pour la gent masculine, phénomène instauré par le (plus si petit) peuple. Tout cela pour une histoire de collants refusés.

Donc, la petite histoire influence la grande comme les sous-cultures influencent la culture. L'arrivée des mass media, et en particulier, de la télévision poursuit donc une logique pluri-séculaire.

En l'an de grâce mil neuf cent soixante-sept, le premier baiser interracial fut diffusé à la télévision américaine dans Star Trek. Certes, dans la trame, les intéressés étaient ainsi manipulés par des dieux télépathes jouant aux Sims grandeur nature. Non parce qu'en vrai hein, les WASP n'allaient pas s'acoquiner avec n'importe quelle Négresse à l'époque, fût-elle une Über-bombasse. Faut pas déconner quand même.







Des fois qu'on n'aurait pas compris que non, faut surtout pas se toucher entre races génétiquement incompatibles (oh le beau pléonasme).

Mais le plus intéressant ici est naturellement tout ce que ce baiser signifiait en dehors de l'écran. Pour remettre les choses dans leur contexte, Martin Luther King a perdu tous ses points de vie en 1968, la lutte pour les droits civils battait son plein, les lois ségrégationnistes dans les bus étaient abolies depuis douze ans, mais dans les écoles, cafés, bowlings, cinémas, etc., c'était une toute autre histoire. Donc nécessairement, les producteurs, le réalisateur, la chaîne elle-même étaient plutôt tendus du slip à l'idée de montrer l'ineffable. D'ailleurs, Nichelle Nichols raconte comment son collègue William Shatner, LE Capitaine Kirk a fait l'histoire lorsque la fameuse scène a été tournée. Au départ, le baiser devait juste être suggéré, mais pris dans le moment, il a tout simplement embrassé sa partenaire, comme l'impliquait après tout le scénario, provoquant ainsi l'ire – et le dégoût – de son réalisateur – qui ne s'est pas privé pour adopter un comportement absolument infect et irrespectueux envers Dame Nichols, mais après tout, celle-ci le méritait, ayant le mauvais goût d'être à la fois affublée d'un vagin et d'un indice mélanique élevé. Shatner s'est ensuite fait un malin plaisir de massacrer toutes les prises sans baiser afin d'être sûr que cette scène soit diffusé avec le baiser bien baveux. Version cinéma. De 1967. Donc sans la langue. Ce que regrette Nichelle Nichols dans cet interview:

  


Vint donc le 22 Novembre 1968, jour de diffusion de l'épisode. La chaîne, pourtant habituée aux extravagances progressistes de Star Trek était plus tendue que le boxer du Sieur Siffredi. Préparés à une avalanche de lettres d'insultes de Rednecks à capuches pointues, ils ont attendu l'Apocalypse selon Saint-Spock. Et rien. Des courriers largement positifs, comme d'habitude. Aucun suicide en masse parmi les fidèles téléspectateurs. Aucune émeute, tuerie, incendie relevant cet épisode hautement choquant. N'empêche que c'était fait. Un homme blanc et une femme noire avaient opéré une salade de lèvres devant des millions de fans. Pire : cela impliquait qu'une femme noire était un être humain comme les autres et non une espèce d'Intouchable.

La chose était donc possible, acceptable et presque acceptée. Validée par l'effet « vu à la télé ». Certes, les couples mixtes n'ont pas de suite été facilement acceptés – et font parfois hausser quelques sourcils chez les croquantes et les croquants, j'y reviendrai dans un billet ultérieur – mais c'était déjà un pas de géant en faveur d'une mixité sociale accrue.

Néanmoins, la sublime Eva Mendes fut choisie pour donner la réplique à Will Smith dans le film Hitch afin de lui éviter une partenaire trop blanche, ce qui aurait risqué de choquer la population noire américaine susceptible d'y voir une traîtrise de la part du boy-scout de Bel-Air : solution interraciale, mais pas trop. L'étalon-mesure reste tout de même l'ultra-conservatrice Walt Disney company : Dans la Princesse et la Grenouille, outre un amas de clichés bien lourds sur la bonne petite Négresse travailleuse face aux mauvais Nègres fainéants autant que fêtards, la belle Tiana tombe amoureuse d'un jeune branleur au phénotype indéfinissable (mais quand même autrement plus sexy que Michael Jackson) pouvant passer, selon les sensibilités, aussi bien pour un Noir (Mulâtre) que pour un Blanc ou un Latino. N'empêche, le fait que la mixité devienne peu significative implique également qu'une minorité n'est plus cantonnée dans son rôle de minorité. La couleur de la peau devient alors un détail aussi pertinent que celle des yeux.

A un détail près. La population minoritaire elle-même n'est souvent pas la dernière à refuser que ses membres mêlent leurs gènes à ceux des autochtones. C'est tolérable pour les hommes, car cela infère un pouvoir économique, intellectuel ou social, bien que cette mixité soit parfois critiquée - plutôt par des femmes noires. Mais pour les femmes, cela revient souvent à soit se donner au Maître, soit vouloir vampiriser le statut social (nécessairement meilleur) et le porte-feuille (naturellement mieux garni) de l'homme blanc qui s'est naïvement fait avoir.

Je tiens néanmoins à préciser mon propos : Je ne dis pas que TOUTES les Noires hétérosexuelles doivent absolument fuir comme la peste les hommes noirs. Je ne dis pas non plus qu'un bon couple est un couple mixte. Je dis simplement que quand la mixité Noir/autre phénotype attira aussi peu l'attention qu'un couple hispano-français ou helvético-suédois au regard de la société, un grand pas aura été franchi. De tels couples existent sans pour autant que cela reste un enjeu de société, rapport au bruit et l'odeur. Après tout, un mariage entre Camerounaise et Congolais peut être aussi épique que des épousailles entre une Vaudoise noire et un Haut-Valaisan blanc.

mardi 11 septembre 2012

Dernière année du bon côté de la trentaine

Selon l'expression favorite de William Wilkie Collins pour décrire la jeunesse de ses personnages principaux, je suis entrée depuis trois heures dans ma dernière année du bon côté de la trentaine. 29 ans, sans grande sécurité professionnelle – ou sentimentale – c'est plutôt déprimant. J'ai l'impression d'être Ted Mosby, à ceci près que mes bottes rouges seraient carrément plus choupis que les siennes.


En même temps, même si je ne fais plus partie des gens cool depuis l'époque où le Laboratoire de Dexter faisait les beaux jours de Cartoon Network, où Sigur Ròs avaient encore une audience confidentielle et où on pouvait encore dire « wazzaaa » sans passer pour le dernier des crétins (Je tiens tout de même à rappeler pour limiter les dégâts qu'en matière de meme et de mode, la Suisse vit avec un retard de deux ans sur le reste du monde, un peu comme le Canada), je suis aujourd'hui beaucoup mieux dans mes baskets qu'il y a dix ans. Je me connais mieux, ai évacué les gens toxiques de mon entourage et surtout ai fini par accepter mon corps : je ne suis ni Halle Berry, ni Beyoncé. Je suis beaucoup mieux. Il va falloir que je m'y fasse.

Sur le plan pro, je me rends compte qu'à presque trente ans, une bonne partie de mes amis sont encore dans une situation instable, où les seuls jobs disponibles sont ceux pour lesquels soit ils sont sur-formés, soit ils ont peu d'affinités. L'essentiel après tout, étant d'avoir de quoi payer ses Louboutins après avoir réglé ses factures annexes, telles que l'appartement, les impôts ou l'achat d'un enfant au Malawi. Après, bien sûr, il y a toujours des gens extrêmement brillants, avec de bonnes connexions et un petit coup de pouce de Dame Fortune qui réussissent à décrocher droit derrière leurs Masters un CDI bien rémunéré ouvrant la porte à une brillante carrière. Mais je pars du principe que la nature étant bien faite, pour rétablir l'équilibre, ils tombent systématiquement sur des toilettes bouchées à chaque fois qu'ils doivent se soulager dans un lieu public. 
A trente ans, on est sensé avoir le pack maison+ enfants+ boulot+ chien, bref, l'image d'Epinal de l'Adulte. Mouais, les maisons individuelles, c'est pas écolo; les enfants ne sont pas mon trip; je n'ai toujours pas de Pullitzer et je préfère les poneys ou les dragons aux canidés.

En fin de compte, j'aborde quand même cette dernière année de la vingtaine avec sérénité. Le choc a plutôt été entre 24 et 27 ans, quand petit à petit tous les rabais djeuns' disparaissent aussi sûrement que la crédibilité de Taylor Lautner.





vendredi 7 septembre 2012

In gode we trust

Je vous assure que j'ai d'autres sujets de préoccupation, mais j'aime autant faire le tour du sujet et passer à autre chose aussi radicalement que Rihanna change de coupe de cheveux. Avant de commencer, je tiens à attirer l'attention sur le fait que les liens de ce billet peuvent renvoyer à des sites qu'il vaut mieux ne pas consulter sur votre lieu de travail. De même, ce n'est peut-être pas le type d'article à mettre sur le mur du neveu de 12 ans.

source www.motifake.com

Ceci dit, commençons joyeusement à râler sur ce triste monde tragique.

En ce moment, je lis pas mal de bouquins d'histoire des mœurs, donc forcément, un sujet me taraude la moindre. Celui que nos amis geeks appellent le pr0n. Je mentionnais déjà dans un précédent article que la pornographie n'était jamais qu'un miroir grossissant de la société. C'est ce qui va au-delà de l'érotique montrable. C'est l'ineffable, l'obscène. Autant de sujets ou d'images dont les limites se déplacent suivant le temps et l'espace.

Ainsi en Europe, où l’Église a longtemps eu un réel pouvoir sur tout le continent, le blasphème appartenait au domaine de l’obscénité. Quand Sade veut bien cesser de torturer ses personnages pendant cinq minutes, c'est pour leur faire lâcher un chapelet d'imprécations impies. La Religieuse de Diderot, hérésie au siècle des Lumières a beaucoup perdu de son potentiel érotique et scandaleux à l'aune laïcisée d'un XXIe siècle où l'image explicite est de mise, et où les gamins de ma cour d'immeuble ont appris avant moi ce qu'est un bukkake

 
Source: http://jesuisunevraiefille.tumblr.com/

Bref, la pornographie, c'est quand on touche au tabou. Et c'est donc en cela qu'elle est très révélatrice des relations sociales. Au Japon, où la pire insulte envers un homme, « yarô », signifie homme bestial, non civilisé (pour une femme il s'agit de « busu », soit laideron, tout un programme), l'obscène se cache dans la pilosité – et aussi quand même un peu dans les génitoires.

Nancy Huston rappelait qu'en Europe, la diffusion de masse de la littérature-qui-ne-se-lit-que-d'une-main date à peine du milieu du siècle passé. Une décennie plus tard, l'image commençait à prendre le relais, soit avec des romans-photos, soit encore un peu plus tard, grâce au 35mm. Or, une fois que les maîtres censeurs ont perdu leur autorité absolue, la seule différence entre l'art et la perversion, entre Justine et le journal intime d’Émile Louis, ne résidait plus que dans le style. Ontologiquement néanmoins, la distance est minime. Globalisation oblige, même les fantasmes s'uniformisent, notamment le fantasme japonais du viol, rapport à la séquence d'intro du dernier Tombraider qui a fait Paul et Mickey. Certes, il s'agissait de malmener un personnage emblématique du jeu vidéo pour le fun, mais comment dire, ressusciter pour de bon la franchise de Sonic ne passerait sans doute pas par un gang bang inter-espèce perpétré par Mario, Donkey Kong et Link.

Puis deux phénomènes concomitants se développèrent : la libération des mœurs et l’émergence de la société de l'image. Cette dernière, nouvelle, largement accessible et répréhensible jurait prodigieusement avec l'ancienne société de l'écrit, vénérable, esthète, et surtout, moins abordable. Et donc, à partir du moment où les femmes – et pas seulement les prostiputes – ont commencé à avoir des chattes, le porno, mettant joyeusement les fists dans le plat, a légitimement pu croître et se multiplier.

Mais naturellement, il y a un piège.

Soyons clair, les pornos actuels ne s'adressent pas (ou du moins très peu) à un public féminin. Celles-ci regardent la caméra qui simule le spectateur, et tout se passe sur la base de la pénétration au nom d'un besoin de complétude de la choupinette si cher à Freud, même les scènes sensées se passer entre lesbiennes, afin de lui permettre (à lui) une meilleure immersion. Et prière à ces dames de jouir bruyamment, l'hyperpuissance masculine devant être reconnue (en même temps, puisqu'il s'agit de vendre du rêve...), à moins que ce ne soir pour renforcer le tabou de la jouissance féminine en elle-même. Pis, même quand un effort est fait pour s'adresser aux femmes, ce serait exclusivement chiant cérébral. Soit une façon de dire que le corps des femmes ne leur appartient pas vraiment, que leur jouissance ne peut être mécanique, mais uniquement intellectuelle. Elles n'ont pas à s'approprier ce corps aux courbes délicates, étant avant tout objets, et pas vraiment un sujets. Cette histoire de libération des mœurs a avant tout permis aux hommes de s'éclater sans culpabiliser. C'est déjà pas mal, mais ce serait nettement mieux sans ce bon vieux double standard, où les hommes ont une zézette, et les femmes sont comme Barbie : du plastique, des proportions hallucinantes, mais un champs lisse au niveau de l'entrecuisse.

Pour enfoncer le clou, mélange des genres oblige, la publicité récupère de plus en plus ce terrain. Autant pour Aubade (dont les campagnes sont souvent décriées), il est plutôt logique de ne pas montrer de femmes en anorak, bien que le cadrage, en excluant la tête des modèles, élimine leur qualité de sujet, l'alibi du noir et blanc rappelle l'objet d'art. En revanche, la plupart du temps, force est de constater que la femme reste plutôt objet de consommation courante: la quasi-nudité, les poses lascives ou le substitut d'éjaculat (marrant comme la cyprine est rarement suggérée) ne se justifient pas toujours aussi bien (boissons, mobilier, voitures, ou racolages de voix en période électorale, etc.). Ainsi, si comme le montre cette dernière publicité le corps masculin commence à s'érotiser – et pas uniquement pour un public masculin et homosexuel – le sexe, comme l'appelait Charles Perrault, désigne encore essentiellement le genre féminin. Ah, on me souffle dans l'oreillette que c'est de l'humour. Ultra-éculé, mais il n'empêche. Si c'est de l'humour, il n'y a rien à redire

Niveau épanouissement sexuel, l'éternel féminin hésite entre deux options : pute ou soumise. Autrement dit, l'affrontement entre la vertu, la pureté, la mère ; et la pécheresse, la tentatrice, la putain. En 5000 ans d'histoire, il n'y a pas vraiment eu de position intermédiaire. Dans le même livre, Nancy Huston remet les points sur les i, les barres sur les t et les queues dans les q : en fait, la mère est la putain. Les femmes ne sont ni à mettre sur un piédestal, ni à traîner plus bas que terre. La femme est un homme comme les autres. Na ! L'insulte « sa mère la pute » serait donc tautologique.

Maintenant, est-ce que les hommes sont responsables de tout ? Bien sûr que non : certaines femmes adhèrent à des représentations du monde en termes d'infériorité/supériorité pureté de la femme/besoin naturels de l'homme et autres chitte en boule du même acabit. Sans aller jusque-là, il y a encore une forte culpabilisation sur celles qui osent déclarer aimer le sexe. Certaines n'ont même jamais regardé leur propre pitchoune – même si j'ose espérer que les générations XY ont désormais cette curiosité sans pour autant ressentir le besoin de la mettre sur FB. J'ai souvenir d'une copine de classe qui, lorsque nous avions 15 ans, m'avait affirmé que l'auto-titillage de berlingot était profondément mal.

  
Source: http://jesuisunevraiefille.tumblr.com/ 

Je ne dis pas que l'égalité doive nécessairement passer par une désinhibition complète des vies sexuelles féminines. Si la quasi-totalité des femmes que je connais adorent le personnage de Samantha Jones dans Sex in the City, peu d'entre elles désireraient ou assumeraient son mode de vie – ne serait-ce que pour se reproduire ou vivre à deux.

Certains auteurs regrettent que l'avancée vers une égalité des genres en passe aussi par la sexualisation de tous les corps humains. Je ne suis pas de cet avis (pour autant qu'ils aient plus de 18 ans, on est bien d'accord, les strings pour fillettes ne sont vraiment pas mon trip). A partir du moment où nous vivons dans une société de l'image, ce glissement vers une désacralisation du corps devenait presque un passage obligé. Le fait que les hommes aussi deviennent gentiment objets de fantasme signifie reconnaître un droit aux femmes hétéros au désir et à la jouissance – quoique ces objets masculins s'adressent souvent à un public tout aussi masculin.

Ceci dit, ce n'est que dans un registre érotique soft que l'homme peut être considéré comme un jouet pour la femme. Les produits plus hards restent éminemment conservateurs à cet égard. Dans le « rêve » vendu par cette industrie, il est de bon temps qu'elle reste à sa place : à la cuisine, sous le plombier. Puisqu'on vous dit que des films de ce genre s'adressant au cerveau reptilien des dames ne marcheraient pas !

dimanche 2 septembre 2012

On ne naît pas Noir, on le devient

Parce qu'il faudrait quand même au moins un article en rapport avec le nom de ce blog. Commençons donc avec un peu de sociologie élémentaire :


- Qu'est-ce que deux Noirs qui dorment dans un sac de couchage ?
- Un Twix.

- Qu'est-ce qu'un Noir avec une cerise dans le cul ?
-  Un chocolat MonChéri. 

Et si on veut continuer dans l'analogie subtile et de bon goût, le Bounty est noir à l'extérieur et blanc à l'intérieur. C'est celui qui rejette ses racines et se comporte-comme-un-Blanc. Un traître. Un peu comme un Chinois nul en maths. Quelqu'un qui se croit supérieur aux autres membres de son peuple. Oui, parce qu'encore une fois, la Noirie est un pays membre de l'ONU et il n'y a jamais eu de conflits entre les différentes ethnies à peau foncée.



N'ayant pas vraiment vécu avec ma mère, mais essentiellement entourée de Français ou de Suisses, typiquement, j'entre dans cette catégorie car je n'ai pas les mêmes codes de conduite que d'autres membres de ma famille élargie. Par exemple, j'ai vécu dans un petit village montagnard où je devais être la seule Noire, puis dans un autre village un peu cossu où la population chamitique atteignait bien les cinq individus. Donc, bien sûr, je suis complètement européanisée. Ne connaissant pas le créole, et à ma grande honte, n'ayant qu'une connaissance limitée de l'histoire de mon pays d'origine, forcément, je n'allais pas m'inventer une culture que je n'ai pas. Par la suite, la plupart des Africains et/ou Antillais que j'ai rencontrés ne m'intéressait pas trop (Mon amie d'enfance, également haïtienne, est partie aux Tazunis quand on avait 10 ans, et je n'ai jamais été aussi proche avec d'autre Re-noi pendant des années), tout simplement parce que mes centres d'intérêts différaient totalement : J'étais très Charlotte Brontë, Chopin et poneys ; Les gamins de mon entourage étaient très cigarettes, bastons et bitures (ouais, si jeunes - et toutes origines et couleurs de peau confondus qui plus est). Après, c'est simple, à partir du lycée (fréquenté, lorsque j'y buvais le Savoir au goulot, par un maximum de 30% des jeunes en âge d'y être), les autres Noirs ont tout simplement cessé d'exister (quand j'ai obtenu mon Master, la population noire du campus, toutes facultés confondues, avait augmenté de 100% par rapport au début : Nous étions huit ! Sur 8'000 quand même... avec un prof et deux doctorantes). Donc sur les cinq restants, la probabilité de tomber sur son ou sa futur/e BFF était plutôt faible. Donc ouais, j'ai un côté élitiste, je l'avoue volontiers, j'irais griller sur une plage de sable blanc, tout ça, mais il ne s'appuie pas sur le critère de la couleur de peau; Je serai tout aussi dédaigneuse envers un autochtone qui n'aurait pas la lumière à tous les étages.


Source: someecards.com

Par contraste, mon frangin – beaucoup plus jeune que moi – par exemple, a tout autant grandi en Suisse, mais avec ses deux parents antillo-africains, tous deux immigrés de première génération. Bon même s'il utilise de temps à autres des termes un peu chelou pour désigner l'ethnie caucasienne, pour lui, l'Afrique est un pays ; de plus, elle est même un peu moins réelle que sa map sur Call of Duty. Pour Haïti c'est pareil. C'est une île qui tremble et se mange des typhons de temps à autres, mais n'a pas besoin de centrale nucléaire pour mettre en danger sa population : Celle-ci se débrouille très bien toute seule (cette définition est parfaitement injuste, Haïti produisant en effet un rhum qui est aux spiritueux ce que la Mac Chouffe est à la bière). Bref, pour résumer, mon frère est une ganache, brun de partout. Il ne viendrait à l'esprit de personne de le qualifier de Bounty. Même s'il a grandi ici, ne parle que français (éructe vaguement l'allemand et baragouine à peu près le texan grâce à notre merveilleux système d'apprentissage des langues), a des amis sponsorisés par la version wesh de Benetton, et ne dédaigne pas l'idée de sortir avec une Blanche, lâché seul dans une forêt tropicale, il se débrouillerait aussi bien que Paris Hilton à un tournoi de Scrabble.



(Bon il reste mignon tout plein, hein, c'est mon frère quand même).


Alors qu'est-ce qui nous différencie ? Nous n'avons pas du tout grandi dans le même milieu, certes, mais je refuse de croire que le fait de faire des études, somme toute pas si compliquées, fasse de qui que ce soit un Bounty. Cette idée est même complètement ridicule. Si le Bounty est simplement un enfant de Cham nettement plus influencé par la terre, européenne, où il a grandi, le premier Ouèche Keu-bla venu l'est tout autant que moi. Si le « vrai Noir » est un prolo qui aura douillé et trimé toute sa vie, je ne peux pas être d'accord. Ça, c'est une victime d'un système social injuste, mais ceux qui ne vivent pas cette situation ne sont pas des Blancs-à-l'intérieur pour autant. Ce ne sont pas les esclaves officiant dans la maison du maître. S'il reste encore de profondes cicatrices, la situation n'est pas comparable. Et si la hiérarchie entre Noirs voulait bien cesser, mulâtres, métis, Africains, Antillais et j'en oublie très certainement ne s'en porteraient pas plus mal.

En fait, avant de me connaître, certaines personnes s'imaginent que je suis un produit de la maison Mars Incorporated, car en plus de péter plus haut que mon cul, je suis une indécrottable timide. Beaucoup sont directement agressifs avec moi, dès qu'ils comprennent que potentiellement, j'atteindrai un poste de cadre à un moment donné et ne stagnerai pas en tant qu'infirmière payée au lance-roquettes dans une maison de retraite aux conditions de travail épouvantables. Aussi, se mettent-ils parfois sur la défensive. En général, n'ayant pas envie d'argumenter très longtemps dans ce genre de situation – je ne vais tout de même pas m'excuser d'avoir eu de la chance dans la vie – je m'en vais quand toute discussion devient absolument impossible. Et c'est à ce moment-là que ma qualité de Bounty est pour eux confirmée. Du moins, est-ce ainsi que je l'imagine.




T'façons, dans ma tête je suis une Elfe japonaise.