lundi 28 janvier 2013

Satan l'habite

Le cul est au fondement de la langue. La virgule n'est autre qu'une verge minuscule. Testicules et témoins ont la même racine, puisqu'avant la Bible, les Européens juraient sur ce qu'ils avaient de plus précieux : leurs couilles. Oh, ne te fâche pas, les femmes n'existaient pas à l'époque. De nos jours, c'est encore la Bourse qui fait danser le monde. Les Grecs l'ont douloureusement compris. Du temps des maisons closes, les putains de bordel avaient un statut plus élevé que les putains de trottoir. Le mot savant, « péripatéticien/ne », renvoie à une simple promenade de santé. Bien que les foutoirs aillent à l'encontre de l'ordre, le cul est synonyme de fortune.

Ne rien branler, mine de rien, c'est être sexuellement inactif. Et pourtant ne rien avoir à branler de quelque chose, c'est s'en foutre. Déconner, étymologiquement, est synonyme d'accoucher. D'ailleurs, les insultes ne se limitent pas aux diverses dénominations du sexe féminin, même s'il y a plus de cons que de têtes de gland. L'anglais est à cet égard plus égalitaire (bien que cunt (con) utilisé comme insulte ait un sens beaucoup plus fort que dick (bite, idiot)). Le trou du cul et ce qui en sort ont le mérite d'être gender neutral.


Le Robert des Synonymes néanmoins, distinguent entre vagin et sexe. Paradoxal de gommer ainsi l'outillage féminin comme étant en dehors du sexe quand on sait que Charles Perrault faisait référence à la gent féminine d'un « le Sexe » sans qualificatif, ni beau, ni faible. En effet, jusqu'au tout début du 19e siècle, c'était l'appétit sexuel féminin qui était considéré comme démesuré, et les hommes, raisonnables, contenaient leur hystérie (merci Victoria et ses idées à la con).

Un bon bougre, avant de devenir un brave type était un bon enculé. Un enfoiré, quoi. On parlait lors aussi de bestialité, l'androgamie excluant du cercle très select de l'humanité. D'ailleurs, l'hétérosexualité est tellement évidente qu'elle n'a pas besoin de désignation particulière et encore moins de synonyme : tout juste lorsqu'elle se manifeste à l'excès (connard, queutard, baiseur coureur ; les connasses, elles, sont donc logiquement lesbiennes). Malgré la tendance chronique du monde actuel à l'homophobie, au phallocentrisme et à la misogynie, il est d'ailleurs ironique de relever que parler de cul plutôt que de chatte, c'est parler de sexe.

Si les compagnons partagent leur pain, les copains co-pinent. Les chevaliers de l'anneau (tu ne verras plus jamais les hobbits de la même façon) se trouvent souvent affublés de petits noms féminins, de même que les pattes de velours se font traiter d'hommasses – quand bien même l'homosexualité ne se traduit pas nécessairement par le sentiment d'être une femme dans un corps d'homme et inversement. Les anandrynes, elles, obtiennent peut-être un cinquième des synonymes proposés par le même dictionnaire par rapport à leurs collègues uraniens. Pourtant, une femme invertie en vaut deux.

Parlons organes à présent (et misogynie du Robert des synonymes qui ne considère le mot « sexe » que comme appareil génital masculin, et non féminin). Parmi les synonymes les plus savoureux, nous avons agace-cul, Mont-Chauve (ce qui donne une toute autre résonance à la Nuit sur le Mont-Chauve de Mussorgski). Il faut pour ce dernier aller jusqu'à vulve pour que le vagin, mot signifiant originellement fourreau, endroit où ranger son arme, donc nommé en référence aux service trois pièces, se voie décliner en bonbon, gagne-pain et autres hérisson. Bien entendu, le clitoris ne fait pas partie du sexe féminin. Si le vit peut à la rigueur être partie noble, la vulve, elle, n'est qu'intime ou honteuse accordée au féminin.

Concluons sur Colette Renard et ses diverses poétiques de nommer l'acte amoureux.





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