mardi 28 mai 2013

Ma lutte est plus grosse que la tienne

De droite comme de gauche, les discours ont tendance à prendre le bon peuple atomisé en individus pour un conglomérat d'attardés du bulbe incapable de s'intéresser à plus d'un objet à la fois, comme obnubilés par un ver d'oreille particulièrement tenace. Si une poignée de militants perd du temps à parler disparition des abeilles, droits humains ou liberté d'opinion au lieu de s'intéresser aux vrais enjeux de société, comme ce que fait la voisine du troisième de sa teu-cha les soirs de pleine lune, ce sont des casseurs ou des activistes de Facebook. Donc il faut jeter la cause à laquelle ils se greffent comme un chewing-gum sous une Louboutin avec l'eau du bain. Ca fait cher la cause perdue.

Et pourtant, c'est simple: la seule lutte légitime, la vraie, c'est celle des pauvres contres les riches. Le mariage pour toutes et tous, on s'en bat les noix avec des portes-fenêtres : c'est un privilège ne concernant qu'une poignée de citadins fortunés. Bientôt, il faudra considérer ces gens-là comme des êtres humains.

La vraie lutte contre le racisme ne touche que les hommes noirs, pas les femmes. D'ailleurs, les Noires sont-elles vraiment des femmes ou juste des garçons vraiment manqués, genre avec un utérus (la plupart du temps) ?

Qu'en est-il d'une égalité entre Noirs et Blancs ? Entre Noirs et Noirs ? Où on n'est plus Noir à partir du moment où on ne se comporte pas comme le Black-de-service-à-la-télé ? Où on n'est plus Blanc à partir du moment où il y a paupérisation avancée, voire pire, métissage ? Et un vrai Blanc, c'est quoi ?

Les Espagnols ou les Grecs sont-ils toujours Européens et Blancs maintenant que le pays se paupérise? Après tout, au début du siècle passé, les Italiens ou Irlandais que la misère avaient poussé vers Ellis Island n'étaient pas forcément considérés comme Blancs par les Américains intégrés depuis cinq bonnes minutes: oui, être Irlandais était un phénotype à part entière, un peu comme être juif signifie avoir un gros pif et aimer l'or. Mais à part ça, la perception de la couleur de peau n'est pas un construit et le concept de « race » est une évidence non-évolutive.

La vraie violence physique, c'est celle du parking miteux dans une banlieue ravagée, pas celle du salon feutré d'un manoir de Davos. Les deux ne se valent pas. On fait tourner ou on bouscule. Un seul est vomitif, naturellement. La vraie misogynie est celle qui se passe très loin, là-bas, dans les pays ou un « non » féminin se solde par un jet d'acide. Ce n'est pas ici, sous notre nez. Alors baise un coup et viens pas nous faire chier.

D'ailleurs, un homme ne peut être victime de violence physique, puisque les hommes sont des prédateurs. Tous. Même Kurt Hummel. Et les seuls comprenant réellement la souffrance des émigrés sont les notables autochtones. Bah oui, les allochtones n'ont pas les moyens de comprendre les mécanismes de leur position de simple dominés. Ils sont étrangers : ils sont mignons, mais un peu cons. Faudrait voir à ne pas trop laisser la parole aux faces de citron qui ne comprennent pas que l'Europe, c'est pas la Chine. Surtout quand ils sont Danois.

Monsanto, la liberté d'expression, l'épidémie de diabète et d'obésité liée à la pauvreté et la malbouffe, tout ça, je m'en tape parce que je suis féministe. Ce qui m'intéresse est de trancher du mâle en petits morceaux et déguster le tout en tartare lors de réunions avec mes copines harpies en épiloguant sur la façon la plus appropriée d’assaisonner des testicules. Go vegan !

Je ne peux croire qu'en une seule lutte, et pas deux. Après tout, le poumon gauche est plus important que le droit.

Soit je suis écolo, soit je suis féministe.

Soit je suis myope, soit je boite.

Soit je suis avec vous, soit je suis contre vous.

Parce que c'est mon dieu à moi qui pisse le plus loin.

Suédois et Musulman ?

DC et Marvel ?

Ce n'est pas la taille de la lutte qui compte, mais la manière de s'en servir.




Source: démotivateur sur Facebook

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