mercredi 18 septembre 2013

Le jeu des pitches

Il y a de fortes chances que tu aies vu circuler cette fausse conversation où l'intrigue du film Le Monde de Nemo est présentée de façon détournée.



Je viens de regarder un film où l'épouse d'un mec se fait assassiner et son fils en reste handicapé. Ironiquement, ledit fils se fait kidnapper et le mec traque le kidnappeur sur des milliers de kilomètres avec une meuf handicapée mentale; Oh, c'est quoi ce film?; Le Monde de Nemo

En restant sur la même idée, voyons si tu trouveras les films correspondant aux pitches suivant :

1. C'est l'histoire d'une meuf qui a failli coucher avec son frère, mais comme ils ne sont pas allés jusqu'au bout, il est un peu frustré. Après il fait exploser une étoile.

2. C'est l'histoire d'un grand-père qui amène ses petits-enfants dans un parc d'attraction et ça failli mal tourner.

3. C'est l'histoire d'un prince japonais qui devient vegan.

4. C'est l'histoire d'un schizophrène qui se fait tuer par une araignée.

5. C'est l'histoire d'une araignée qui souffre du syndrome de Munchausen par procuration.

6. C'est l'histoire d'une bande de quatre potes schizophrènes et d'un chien.

7. C'est l'histoire d'un voleur qui se trouve catapulté à la tête du gouvernement.

8. C'est l'histoire d'une soldate qui tue son neveu dans l'espace.

9. C'est l'histoire d'une pieuvre qui se fait tuer parce qu'elle a fait du plagiat.
























Réponses :

1. Star Wars

2. Jurassic Park

3. Princesse Mononoke

4. Spider-Man

5. Coraline

6. Scooby Doo (ils sont quand même 4 à discuter avec leur clebs)

7. Raiponce

8. Alien 4 : Résurrection

9. La Petite Sirène

lundi 16 septembre 2013

Le coup de la panne

J'ai un rythme de publication aléatoire. Il m'arrive d'avoir de la peine à écrire. Ce n'est pas complètement une question d'inspiration, non. A chaque fois que je lis un livre ou un article, découvre une nouvelle série ou un nouveau film, discute avec des amis ou dans des coins sombres avec des gaillards en trench coat, de nouvelles idées éclosent dans mon esprit. Seulement, au moment de conclure, il ne me reste souvent plus qu'une demi-molle. Mon esprit manque de lybrido. Et surtout, surtout, il me trahit. Perte de motivation, perte d'énergie, perte de concentration, tels sont les trois tares qui m'ont tenue absente de ce blog pendant l'été. Bon, Downton Abbey et Ultimate Spider-Man y étaient également pour quelque chose. Et accessoirement des recherches d'appartement infructueuses et une situation professionnelle déprimante qui s'éternise.

L'écriture demande mine de rien une certaine discipline, même lorsqu'il s'agit de raconter des âneries sur un pigeon fou. Il s'agit de maintenir l'arc, le souffle, l'âme de son récit, du début à la fin. Il m'est très difficile de rester concentrée plus de trois secondes d'affilée. Ne serait-ce que parce que la moindre démarche me fait automatiquement penser à mes autres soucis sentimento-immobilio-professionnels. Mes écrits fictifs sont également en berne, même si les dragons caractériels n'ont pas grand'chose à voir avec ma décision d'imposition.

En plus, mon style d'écriture est déjà un peu baroque en temps normal (j'y travaille, mais je suis encore très loin d'un style fluide et facile à lire) (et j'aime les parenthèses) (trop) (je pourrais faire un billet presque entièrement à base de parenthèses), alors il part très vite en testicouille en cas de chépaskejite aiguë.

Et pourtant, tu es là. Depuis le départ ou nouvellement arrivé-e. Merci.

Des bisous.


dimanche 15 septembre 2013

Licornes, féminisme et schizophrénie


Quand tu es féministe, quand tu es anti-raciste, quand tu es écologiste, quand tu es « bien-pensante », il est attendu de toi une cohérence parfaite : Tu dois être Bisounours jusqu'au bout. Sans quoi, l'entier de ton discours n'est qu'une vaste hypocrisie qui doit être jetée avec l'eau du bain. Et la petite bête sera traquée sans relâche par tes connaissances décomplexées.



Tu te dis féministe, mais amatrice d'un univers rétro 1950's en sachant que cette période n'était pas trop trop branchée girl power ? Féministe, mais gothique en permettant à Ninon et Charlotte de s'exposer joyeusement au balcon ? Tu sacrifies des poneys vierges chaque soir pour que Zalando propose un jour des escarpins Charlotte Olympia à prix abordable ? Tu es plutôt cupcake, coquette, et le rose ne te colle un urticaire galopant que si et seulement s'il t'es imposé de part ta fonction de femelle – en-dehors de cela, tu aimes ce rouge diaphane? Tu t'adonnes à des fantasmes / pratiques BDSM tout en étant parfaitement consciente de l'extrême violence symbolique (misogyne tant que misandre) que ces jeux comportent ? Pire, tu aimes certains films de Polanski-qu'a-violé-une-gamine-de-13-ans-mais-elle-faisait-plus ou tu te laisses à écouter tes vieux albums de Noir Désir les soirs de pleine lune ?

Ben tu vois, t'es pas féministe, t'es une putain de sale raclure hypocrite et menteuse.

Genre, t'es ce type de licorne



Puis franchement, avoue, c'est sympa les blagues sur les Kosovars. Même que t'en as raconté une hier qui a bien fait rire toute ta clique de bobos cyniques. Donc bon, les beaufs que tu snobes si aisément, les spectateurs-de-TF1-sur-qui-tout-le-monde-vomit, finalement, tu ne vaux pas mieux. Alors tes grands discours sur l'égalité des droits et des chances, sur l'environnement, sur l'industrie pharmaceutique, sur le Moyen-Orient, tu te les carres bien profond pendant que je me fais plaisir en m'envoyant la dernière vidéo de Soral. Oh, et va baiser un coup. Un mec. Sale gouine. T'en profiteras pour t'épiler.

Sauf que, les féministes, les anti-racistes, les bien-pensants-qui-font-suer-tout-le-monde sont humains (sisi), et partant, ont aussi leur domaine d'intolérance. Moi, c'est les gens qui roulent des pelles à leur chien alors que tu es en face d'eux à la terrasse d'un café. Tu sais que viendra le moment où tu devras leur faire la bise.  Il y a aussi les anti-spécistes, spécistes envers leur propre espèce (des spécistes bienveillants ?), et tenant absolument à l'équation Magdo=Auschwitz. La chaîne de fast food symbolise bon nombre de problèmes socio-économiques ne tournant pas rond dans notre société: obésité, OGM, circuits de production aberrants, cuisine moléculaire digne d'un roman de Stephen King (la fabrication des burgers rose fluo avant cuisson ou des « frites » me laissent songeuse); Or, que je sache, elle ne cherche pas à rayer les bœufs, les porcs ou les buns imputrescibles de la face de la planète parce qu'ils ont un gros pif, bouffent les enfants et sont responsables de la crise financière, économique et sociale actuelle. Et puis, les Baobabs. Surtout les Baobabs.

Sauf que ce discours manichéen assez commun parmi les Bisounours-Killers cache en fait un besoin de justification, d'approbation et de légitimation de leur(s) idées décomplexées ou mal-pensantes. Si j'arrive à prouver que tu es bidon avec tous tes grands discours sur les licornes copulant joyeusement avec des dauphins au solstice d'été dans le Triangle des Bermudes, cela légitime mes discours réalistes et lucides sur les femmes, les pédégouines et les étrangers.

Ouais, sauf que ma licorne est pote avec Batman



La porte est alors ouverte à tout discours nauséabond, du masculinisme au racisme, en passant par tous les -ismes que la haine et l'égoïsme, sentiments amplement humains, peuvent impliquer. Ces sentiments étant naturels, toute personne luttant contre eux ferme forcément les yeux sur la véritable nature humaine. A ce titre, le Cinéma est politique fait une merveilleuse analyse du discours anti-PC en prenant pour exemple l'excellent film Carnage (quand je te disais que j'étais schizophrène : les dialogues étaient excellents, mais le message, à vomir).

Certes, la haine, l'exclusion, sont humaines, voire animales. Mais l'humanité, à mes yeux, c'est aussi chercher à s'améliorer. C'est aller plus loin. C'est comprendre ses faiblesses, et développer des mécanismes pour les dépasser. C'est du moins la forme d'humanité à laquelle j'aspire. Puis l'altruisme n'est après tout qu'une forme extrêmement subtile d'égoïsme. Évidemment, se cantonner à ses bas instincts, sa quête de puissance, assurer ses privilèges réels ou supposés en défendant un statu quo faisant l'impasse sur des idéaux bien-pensants, comme la justice sociale, la durabilité et autres fantasmes de bobos, est beaucoup plus rémunérateur en termes immédiats. Et surtout beaucoup moins frustrant : c'est que les causes de Bisounours exigent un travail de longue haleine, contrairement à la perpétuation de l'ordre établi, qui ne demande qu'une simple reproduction et un bashing impitoyable de tout élément le défiant.

Ce discours bobos VS lucides révèle en fait deux visions de l'humanité : l'une optimiste, pensant que l'être humain est une créature capable d'améliorer la société dans laquelle il vit ; l'autre pessimiste, dans laquelle il n'est qu'un effroyable connard dans un monde où la raison de l'effroyable connard le plus puissant restera toujours la meilleure.

Et depuis le début de l'Histoire, des périodes progressistes succèdent aux périodes obscurantistes, en cycles d'une à deux générations.

On n'est pas rendus.