lundi 11 août 2014

547 à 1

La sérotonine est l'hormone que mon cerveau malade a quelque peine à sécréter. Celle-ci et sa copine mélatonine (pas le groupe de métal, hein) naissent de la partouze que Morphée, Nounours de Bonne nuit les petits, ton oreiller et tes synapses se font chaque nuit. Si tu te couches avant minuit. Si tu n'es pas à tendance insomniaque.

Trololo.

La sérotonine est ton amie. C'est un neurotransmetteur faisant en sorte que tes synapses, en plus d'être un mot faisant péter les gros scores au Scrabble sur mot contre triple, transmettent des informations de base, de type: tiens, 'faut manger pour vivre; me lever avant 17h du matin; et si je ne veux pas qu'Eole finisse ma clope, faudrait voir à  porter icelle entre mes lèvres pulpeuses. C'est ce qui te fait agir. C'est ce qui te donne envie d'agir. Et quand tu n'en sécrètes plus en suffisance, c'est plus du chépaskjejisme, mais cette maladie socialement peu acceptable qu'est la dépression.

La sérotonine, saylebien. Parce que sans elle, tu as la puissance de réflexion d'une pantoufle, la mémoire d'un poisson rouge et la dégaine d'une parturiente après 54h de travail sur un grand huit. Tu as adopté la structure moléculaire de ton pyjama, à moins que ce ne soit l'inverse.



Avec ton cœur dans le rôle du cerf

La moindre action te semble à peu près aussi faisable que lire Tacite en latin sans dictionnaire, en faisant du base-jump à dos de lama. La dépression est une maladie pire que le féminisme. Lire ton courrier te donne envie de t'enterrer dans un clapier et de n'en sortir que les nuits de pleine lune. Te brosser les dents est aussi motivant que te taper le film Empire d'Andy Warhol consistant en un plan fixe de l'Empire State Building pendant sept heures. Sans cocaïne. En gros tu ne sors de ton lit que parce que tu te rends compte que tes escarres sont

1) moches
2) douloureuses
3) puent
4) t'empêchent de porter tes Neosens.

La sérotonine en vacance, cette pute hémiplégique (no offense intended), est ce qui fait qu'un corps en parfaite santé (outre les poumons carburant aux Lucky Srikes rouge et le cerveau) se laisse dépérir pour être dans un état végétatif. Genre entre le yucca et le persil. Ta gestion des émotions serait entre les mains du fils illégitime de Marine le Pen et d'un poulpe sataniste que tu serais plus équilibrée. L'absence de cette hormone est donc contrindiquée lorsque tu décides de (re-re) reprendre un blog. Oui, parce que niveau come-back, j'ai l'impression d'en faire autant que Cher (je sais, cette référence fait moyen jeune fille en fleurs), Madonna et Britney Spears réunies.

Les anti-dépresseurs t'aident à vaguement réactiver ces branleurs d'axones. Sauf que tu ne sens la différence que lorsque tu arrêtes ton traitement. Genre, la pharmacie à 137 mètres de chez toi (oui, j'ai compté, je fais cela quand je m'ennuie) devient à nouveau aussi éloignée et exotique que la planète Krypton. Post explosion. 


Cette chanson a été écrite par Trent Reznor, chanteur de Nine Inch Nails

Contrairement à une erreur communément partagée, ils ne sont pas addictifs. Si tu as peur de la grosse molécule qui tache, il en existe des naturels, à base de millepertuis. Les anxiolytiques, en revanche, peuvent provoquer une addiction même s'ils constituent une excellente base pour calmer tes angoisses, comme quand ton siège dans le tram est déjà occupé par une nonagénaire aveugle sans gêne, qui refuse de se déplacer sous prétexte qu'elle est en déambulateur (certaines personnes peuvent être des championnes des excuses à la con). Là aussi, il existe des médicaments phytothérapiques comme la valériane (qui a le mérite de te faire pioncer, pour autant que tu sacrifies ton ovaire droit à Hécathe).

L'absence de sérotonine te rend à peu près aussi empathique que Poutine face à l'assassinat de Harvey Milk. Le principe de la dépression est que tu te noies dans un dé à coudre tout en étant le centre du monde. L'univers entier se ligue pour te fouetter les tétons avec des orties à rétropropulsion intégrée. Il est très difficile de partager la vie d'un grand dépressif, ne serait-ce que parce que ce serait comme être protagoniste dans un film en 1D de David Lynch. En noir et blanc. Sur support pellicule qui saute. Et dont les dialogues seraient écrits par Trent Reznor. En danois.


Genre quand il ne fait pas des films bizarres, le Sieur Lynch fait des tableaux bizarres. Source: lifestage.be

La difficulté, quand tu manques de sérotonine, est que tu dois te trouver une raison de vivre à chaque putain de minute de chaque putain d'heure. Du coup, les journées te paraissent aussi longues que sur Uranus. Manger est un challenge, mais à chaque fois que tu y arrives, c'est une putain de victoire. Un Twix, et tu te sens aussi balèze que la Mannschaft face au Brésil. Parce qu'à chaque fois que tu ingères autre chose que ta salive, tu choisis la vie. a chaque fois que tu réussis à rire, même s'il s'agit d'humour noir fluo morbide à souhait, tu fistes ta dép' avec un gantelet rouillé. A chaque fois que tu trouves un mécanisme de défense qui ne se  traduit pas en une violence contre ton propre corps (auto-mutilations, anorexie, voire suicide), tu te laisses séduire par l'idée que la vie n'est pas (que) de la merde. Et cela vaut tous les cupcakes fourrés aux macarons.

mardi 5 août 2014

Le Dit sans dentelle

Après nous être écorchés aux petites dents cachées à l'entrée de la Bouche des Enfers, il est temps de s'en prendre au Bidule de Dieu, selon la formule de Tom Hickman, sur lequel cet article s'appuie largement. 
 


In the left corner, donc :

Le machin que l'ami Freud, comme tous les petits garçons, a appris à aimer avec passion. Un organe dont la puissance est l'alpha et l’oméga de notre univers. Polyphème, le cyclope, fut pendant des siècles la source exclusive de la vie humaine (jusqu'à ce que l'ovule et sa fonction jouent les rabats-joie en se laissant découvrir, donnant au corps des femmes un rôle dans la procréation un peu plus reluisant que celui de simple incubateur). Celui qui toute sa vie crachera la puissance de son propriétaire à la face du monde (ou contre les murs). Si le fourreau peut être armé, le glaive qui s'y repose est une arme. Il peut Dézinguer, démonter, détruire, transpercer, défoncer, éclater l'organe de ton choix. Pour enfoncer le clou, il y a aussi les souiller, salir, déshonorer, avilir, etc. N'oublions pas qu'au commencement, était le verbe (sauf en allemand) (et en japonais). Bref, le principal, le membre, la turgescence est à la fois arme et porteuse d'ignominie par voie de pénétration. Ignominie transmise à la personne pénétrée bien sûr, celui qui pénètre reste un porteur sain, c'est-à-dire tout-puissant. Paie ta source de vie.

Il est auteur du souffle divin également, puisque nombre de mythes en font la source de la vie sur terre. A la base, le sperme contient des homoncules tout prêts attendant d'être incubés dans le ventre d'une femme afin de naître à une taille raisonnable. On comprend mieux le tabou de la masturbation (masculine, les femmes sont incapables de s'occuper d'elles-mêmes) : forcément, si d'adepte de plaisir solitaire, tu deviens perpétrateur d'un génocide à chaque fois que tu te pougnes, un problème éthique se pose vite. Alors que le smegma (masculin comme féminin) n'est qu'un processus naturel d'auto-entretien de nos plomberies respectives, ces pertes furent à l'origine du mythe des succubes et incubes, enfants de Lilith venus violer les braves gens pendant leur sommeil. C'est somme toute une explication tout à fait logique aux pertes de tous ces bons chrétiens laissant leurs mains hors des lieux prohibés. Dans la même optique, l'interdiction sociale de mettre les mains dans les poches dérive de la crainte bigote de masturbation accidentelle et de la peur qui s'ensuit.


Etant fontaine de vie, cette bonne vieille quéquette devient également talisman, porte-bonheur. Le plus connu de tous étant sans doute, toujours selon Hickman, ce pénis stylisé sur lequel le Christ et quelques milliers d'autres contestataires furent crucifiés : y figurent la testicouille droite, la gauche, la verge en elle-même, toutes unies par un esprit saint. Point de salut possible si l'attirail se trouve incomplet. Ce serait à partir du cinquième siècle que l'Eglise oublia fort diligemment l'origine de son symbole principal. Et pourtant, la cire des cierges continua quelques temps encore à symboliser le liquide séminal, tout comme l'appareil reproducteur masculin tint son office de talisman contre le mauvais sort jusqu'au XIVe siècle.

Bien qu'il ne soit plus d'usage d'accrocher des pénis ithyphalliques aux portes des maisons afin d'éloigner les mauvais esprits de puis environ deux siècles, les dessins de verges en érection perdurent, façon de marquer un territoire, de ce moquer d'autrui, une façon de dominer. Tout comme l'étalage de CMB (DTC), CTB à chaque interaction entre adulescent-e-s. Les pénis potachement dessinés ne sont pas souvent au repos. Les pénis artistiques, eux, sont une autre paire de manches: l'Antiquité Grecque et les Tibétains préfèrent les petites bites:  point trop n'en faut, où c'est une vie de malheurs qui s'annoncent. Ce d'autant plus que gros calibre égale incapacité fondamentale à raisonner. Un truc de barbare. Ce n'est pas pour bien que les statues emplissant nos musées sont plutôt dépourvus.



Fort heureusement, à la violence et à l'immoralité du zboub répond le courage et l'honneur, sises dans les grosses couilles velues: c'est bien sur les noisettes que les Romains prêtaient serment, soit, sur ce qu'ils possédaient de plus précieux, de plus honorable. Le siège même de la virilité et du courage : l'étymologie du mot « testicule » ne prête guère à confusion. Si bien qu'un homme non possesseur devient un sous-homme : une femme. Cette espèce à part se comprend donc dans l'absence de possession d'un Iphone, plutôt que dans la possession d'un HTC. L'homme châtré est privé du caractère sacré de ce qui fait de lui un homme : Outre pisser debout (ceci est un réel enjeu dans la construction de nombreuses formes de masculinités), éjaculer des flots de sperme, symbole de puissance, de force, de courage et, on l'a vu, de vie. L'impuissant lui est psychologiquement et publiquement humilié.


Enfin, il y a le prépuce, ce bon vieux col roulé que certaines traditions préfèrent éradiquer. Quand bien même le salut ne peut être accordé à quiconque n'a pas conservé l'intégralité de son service trois-pièces, Jésus fut paraît-il obligé d'abandonner son prépuce avant de rentrer au bercail.

En Occident, la tradition de la circoncision remonterait à Louis XVI. Le roi malchanceux souffrait d'un phimosis et dut se faire circoncire. Les lois de la Cour étant ce qu'elles étaient, les nobles se mirent à imiter la nouvelle mode lancée par leur souverain. La traduction perdure néanmoins dans les pays anglo-saxons depuis que la reine Victoria fit circoncire son fils, façon de s'assurer que le petit prince reste propre.

Premier effet kiss cool: tu seras Chuck Norris, mon fils!

Le sexe érigé est LE signe de puissance. Oui, parce que puissance sexuelle égale puissance tout court. Puissance et pas pouvoir. Force brute, écrasante, absolue, presque d'ordre divin et pas un bête attribut humain auquel d'autres êtres humains auraient concédé une autorité particulière. Le droit de cuissage (qui n'était d'ailleurs pas systématiquement appliqué, contrairement à ce que racontent bon nombre de mythes sur le Moyen-âge) découlerait entre autres de l'idée que seul le membre d'un homme puissant peut dépuceler sans dommage un vagin denté. Puis s'il n'y a pas de baron dans le coin, l'hymen peut aussi bien être sacrifié à une divinité aléatoire à l'aide d'un dildo.
 
Tout petit, l'homme de sexe masculin apprend a aimer son sexe, contrairement à l'homme de sexe féminin, qui apprend qu'il a/est moins que rien. Normal, le premier peut tout faire avec son zgeg. En gros, soit tu te comportes comme le dernier des connards, soit t'es une gonzesse. non parce que le juste milieu, c'est pour les tapettes. Le modèle de masculinité dominant (mais heureusement de plus en plus défié) dans les sociétés occidentales se définit négativement: il s'agit de ne pas être un bébé, une femme, un homosexuel. Il s'agit de montrer ta puissance en étalant tes conquêtes, non par besoin affectif, mais pour affirmer ton statut.

Au point que pour déshonorer l'adversaire, l'Antiquité babylonienne, égyptienne ou encore libyenne prélevait les bistouquettes des vaincus en tant que trophée de guerre, afin de leur interdire l'au-delà tout en les féminisant sur Terre. D'ailleurs, les sorcières faisaient de même, s'aidant de leurs vagins dentés.


Source: http://p0.storage.canalblog.com/04/39/443253/24445918.jpg

2e effet Kiss cool: La pression

C'est que ton arme, il faut la polir, il faut qu'elle présente bien. Tu dois pouvoir la monter en 27 secondes, mais l'utiliser pendant 12 heures d'affilée. Là-dessus, puisque tu as tout contrôle sur la sexualité féminine (encore une fois, on se fiche des fiottes comme de son premier mouchoir usagé : ils sont atteints d'ignominie, faut suivre!), tu as l'obligation de faire jouir, en plus de jouir toi-même. Tu dois faire 25cm en longueur ET au garrot. Tant pis pour les slims, tu passeras au kilt, mon enfant. Puis si tu ne lâches pas 25 litres de sperme à chaque relation, tu ne fais pas jouir, tu ne féconderas point, tu vaux à peine mieux qu'un eunuque. La représentation de l'éjaculation dans les hentai est un régal à ce point de vue.

Si tu es autorisé à comparer la taille, il t'est absolument interdit d'avouer regarder celle de tes congénères. En gros, tu peux satisfaire ta curiosité et ton ego uniquement par télépathie. Pas pour rien que Charles Xavier s'appelle Professeur X. Néanmoins, tu as l'obligation de signifier à ton entourage le gigantisme de ton phallus, que ce soit à l'aide d'une décapotable, de nos jours, ou en chaussant des poulaines (les chaussures, pas les steaks sur pattes). Tu peux également marcher les jambes arquées ou encore t'asseoir en tentant un grand écart facial dès que tu en as l'occasion.

Puissant et glorieux, le glaive peut doit s'exhiber. Sans quoi, tu n'es plus un homme, mon fils.




Source: madmoizelle.com