samedi 19 novembre 2016

Atelier Eveil

Depuis le mois d'août, je suis un atelier d'écriture. Pas dans le but de parfaire ma plume, quoique j'en aurais bien besoin, mais à titre occupationnel. Je suis actuellement et depuis quelques années dans une situation peu amusante, où je me débats contre ma dépression en survivant sur un budget qui, s'il paraît plus que correct en France, est en-deça du seuil de pauvreté en Suisse.



Concrètement, cela signifie qu'il me faut beaucoup d'énergie pour remplir mes journées, étant actuellement en incapacité de travail, et des choses aussi bêtes qu'aller faire un tour devient vite une gageure : si je sors, je risque à un moment donné d'avoir faim ou envie d'un café : trop cher. Certes, je pourrais cesser d'oublier de prendre ma bouteille Thermos et me préparer un Tupperware avant de partir. Seulement voilà, j'ai beaucoup de peine à me faire à manger, malgré mes talents cuisiniers pas dégueulasses. Oui, je me lance des fleurs. Il faut bien que quelqu'un le fasse.



Concrètement, cela signifie que pour quitter mon pyjama, me doucher et me brosser les dents, il faut que j'aie un rendez-vous à l'extérieur. De moi-même, je ne sais plus le faire. Il m'est très difficile de développer mon instinct de vie, au-delà de la simple survie à base de ramen à un franc devant mon ordinateur. C'est là que l'atelier Eveil entre en scène.




L'atelier d'expression créatrice Eveil est un programme vaudois ouvert aux personnes bénéficiant du Revenu d'Insertion (RI), en d'autres termes, de l'aide sociale. Je peux vous dire qu'y atterrir malgré un Master en sciences politiques (bac + 5 pour nos amis Français) est chose très aisée en Suisse : On n'y aime pas autant les diplômes qu'en France, et encore moins en sciences humaines. La mesure propose plusieurs ateliers d'expressions créatrice ou basée sur le mouvement, de l'art-thérapie en passant par le chant, le yoga, la peinture, ou encore, dans le cas qui nous intéresse, l'écriture. Tout se base sur le partage et le non-jugement. Ce qui signifie que même lorsqu'il s'agit d'un texte bateau lu avec la prosodie de l'Inspecteur Derrick, il faut trouver le positif, comme à l'Ecole des Fans.



Moi qui suis très sensible à la qualité d'écriture lorsque je lis ou entends un texte, j'ai eu beaucoup de peine à m'y faire. Puis, je me suis rendue compte que c'était un endroit safe où déballer mes tripes. Que les autres participants étaient aussi brisés que moi, après des années sans trouver un emploi, à vivre en marge de la société. Que certaines plumes, et surtout, certain-e-s lectrices/teurs savaient faire vivre leurs textes, et m'emmenaient dans de fantastiques promenades. Avec mon déficit d'attention, il m'était difficile de supporter l'heure de lectures suivant l'heure d'écriture. A présent, je m'y suis faite, et trouve même ce moment agréable.



Tout cela pour dire que certains des prochains articles libellés ma vie, mon œuvre qui paraîtront bientôt sur ce blog sont le fruit de cet atelier. Tous ne sont pas joyeux. Certains parlent de suicide. D'autres sont des contes. J'espère qu'ils vous plairont.

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